pro-church-media-7NGU2YqBue8-unsplash

#A deux pas de chez nous !

Jamais jusqu’à présent nous n’avons été aussi proches les uns des autres en dépit des frontières, des couleurs et des races ! Les ondes ultra rapides ont cloué en plein vol les pigeons voyageurs et, pour dire « je t’aime ! » au fiancé éloigné, les « sms » ailés ont remplacé, succincts, les lettres passionnées des amoureux d’hier. Grâce aux écrans couleurs des TV, des PC, nous savons tout sur tout, mieux encore tout… sur tous aux quatre coins du monde. Touristes sédentaires au chaud de nos cocons, il nous suffit, le soir, de lécher la vitrine de nos téléviseurs pour assister, voyeurs, à la mort en direct des enfants de la guerre, à l’atroce agonie des sidéens d’Afrique. Déballant d’une main des bonbons et de l’autre, nous tamponnant les yeux parce que c’est bien trop triste, nous prétendons, navrés – parce que c’est bien trop loin ! – ne pas pouvoir grand’chose pour tous les affamés dont les maigres phalanges tambourinent l’envers de nos écrans plasma haute résolution !

Et si, bien mieux qu’un « zap », le Carême stoppait d’un coup tous nos programmes et transformait nos yeux, carrés par trop d’écrans, en regards lumineux et non plus éblouis ? Si, pour court-circuiter la haute résolution de nos écrans sans âme, nous semions dans nos cœurs de bonnes résolutions ?

De spectateurs passifs au mou de nos fauteuils, nous deviendrions, actifs, acteurs à part entière d’un « reality show » tourné dans notre ville ! Sans que ce soit trop loin, nous tendrions en direct la main à l’étranger menacé chaque jour d’un renvoi… programmé ; à pied nous nous rendrions auprès de ceux qui souffrent de trop de mal au corps, de tant de vague à l’âme ! Vivant notre Carême comme on labourerait un jardin en jachère si longtemps infertile, nous comprendrions que Dieu – Père à qui l’on impute tous les maux de la terre pour nous en disculper ! – a besoin de chacun pour retirer la poudre de nos armes assassines, désamorcer nos mines tellement personnelles, protéger l’innocent, bercer le mal aimé et offrir en partage la joie de la rencontre au prochain qui a faim de justice et de paix !

En le faisant, humains,

dans le respect de l’autre,

sans écran « carré blanc » pour nous voiler la face,

nous ouvririons, divin, sur fond cendré d’hiver,

un p’tit coin d’paradis à deux pas de chez nous !

 

Envoi de Carême :

« Car aime… et fais ce que tu veux ! » (Saint Augustin)

De la part de Marie-Claude Pellerin

Une réponse

Écrire un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs requis sont marqués *