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#En chantier !

Chère amie,

Quand je rencontre quelqu’un pour la première fois, et qu’il se présente, je suis parfois tentée d’éviter le traditionnel “Enchantée”, parce que je ne suis pas sous l’emprise d’un quelconque sort de magie. J’aurais plutôt envie de répondre par une facétie : “Nel Berner, en chantier.”

Outre le jeu de mot un peu plat ( les gags à deux balles de Maman…), l’expression n’en est pas moins le reflet de ma réalité.

Je vis dans un fatras de conflits non résolus, de projets en cours, de repassage qui traîne, de traits de caractère non éradiqués, de questions sans réponses, de bricolages pas finis encombrants mes armoires, de recherches non abouties et abandonnées, de deuils inachevés, de livres à moitié lus, de relations à rétablir, de potentiels endormis, de ressources inexploitées, de “il faudrait que” et de “j’aimerais tellement que”.

Et j’ai alors envie de ne plus rien faire, tant c’est décourageant, ce champ de pas encore qui n’en finit plus. Envie de m’asseoir et de pleurer. Parce que à peine j’ai avancé sur un de mes “dossiers”, à peine ai-je résolu un problème, en voilà  d’autres qui surgissent.

Mais, s’apitoyer sur soi-même, ce n’est pas loin de râler. Et, tu commences à me connaître, je travaille sur le renoncement à la râlerie depuis un moment.

Et voilà plusieurs mois que je descends de chez moi pour prendre le train à Lonay, et que je passe devant un chantier : les ouvriers construisent une église.

Ce qui me frappe chaque fois, c’est qu’à mes yeux, on dirait un champ de bataille. 

Avec des matériaux entreposés qui n’ont pas encore d’allure.

Des armatures de métal qui donneront stabilité et solidité à l’édifice, mais qui pour l’instant donnent surtout du travail pénible à ceux qui doivent manipuler tout ça.
Des machines compliquées et bruyantes qu’il a fallu apprendre à piloter.
Des contremaîtres qui donnent des ordres, et des directives.

De la boue partout, et des déchets dans la benne.

De la fatigue.

Des pauses repas, des rires. Des chansons de pays ensoleillés chantées ou sifflottées à tue tête par les travailleurs.

Par tous les temps. Sous le ciel, comme ça, sans bâche, ni écran, ni palissade. On peut tout voir depuis le grillage qui borde le chantier.

Ca n’est pas encore l’église qui est sur les plans, mais chaque semaine, ça y ressemble un peu davantage. Il y a aussi des semaines ou on croit que rien n’avance, parce qu’on ne voit rien changer. Et puis on apprend qu’il y a eu un souci, le terrain gorgé d’eau ou un autre impondérable, et cela a retardé le chantier. Quoiqu’il en soit, cette église sort de terre, et un jour, on y fera une fête, une fête pour un nouveau commencement. Ou pour continuer.

Alors je me rends compte que, moi aussi, je suis le chantier à Ciel ouvert de Dieu.

Il me travaille, il me construit encore et toujours avec le souffle de son Esprit et son Ciel est ouvert sur moi, je suis à l’air libre. A l’ère libre.
Ce n’est pas que je suis une incurable et “qu’il y a toujours un truc qui ne va pas avec moi”. C’est le cycle normal de la vie avec Dieu : il m’apprend. Il me développe. Parce qu’il est le créateur, le bâtisseur.

2 Corinthiens 3.17 « Le Seigneur » dont il est question, c’est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là règne la liberté.

18 Or c’est sans voile, le visage découvert, que nous tous, nous contemplons, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur. Ainsi nous sommes constamment transformés d’après son modèle, pour lui ressembler davantage de jour en jour et en refléter une image toujours plus fidèle. Sa gloire devient progressivement nôtre. Il ne saurait en être autrement, car celui qui agit en nous, c’est le Seigneur lui-même par son Esprit.

Je ne me décourage pas, parce que si je laisse Dieu me travailler, je lui ressemblerai de plus en plus. Si le chantier doit s’arrêter, ça joue, comme on dit en pays vaudois, parce que quand moi je ne peux plus rien, Dieu peut tout. Quand je ne sais plus comment avancer, Dieu, lui, sait et c’est lui qui décide. Quand je pense que je ne suis bonne à rien, Dieu reprend son plan, et il me le relit, il me relance, il me montre par où continuer. Quand il y a un empêchement, un délai dans le devis des travaux, Dieu me redit : “Tout est accompli, souviens-toi. J’ai vaincu la mort.”

Et puis, il reste encore les panneaux sur la grille d’entrée :
“Entrée interdite à toute personne  non autorisée”. 

Parfois, je dois interdire l’accès de mon chantier à ceux qui n’ont rien à y faire. A ceux qui ne savent pas de quoi il retourne, qui n’ont pas reçu la consigne de Dieu à mon sujet, ceux qui veulent appliquer leur méthode à ma propre vie, etc.. N’importe qui ne peut pas interférer avec le travail de Dieu en moi.

Parfois, il faut objecter : “ Chantier en cours”. Mince, on travaille, ici ! Ca prend du temps ! Je ne suis pas encore au bout de mon apprentissage, je m‘accorde le droit de progresser, car Dieu fait toute chose belle en son temps.

Ne te décourage pas au beau milieu de ton chantier de vie, car en Philippiens 2.13, l’apôtre Paul te rappelle : “Vous n’êtes pas seuls, Dieu lui-même œuvre en vous ; sa bienveillance suscite en vous à la fois la volonté et l’action, il crée en vous le vouloir et le faire, afin que ses desseins pleins d’amour se réalisent.”

Bien à toi, 

Nel, en chantier.

De la part de Nel Berner
nberner@campuspourchrist.ch

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