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#Je me dis régulièrement que j’aurais mieux fait de me la coincer.

Chère amie,

Il arrive que mes mots dépassent ma pensée. Mon Papa disait toujours de moi  « Elle parle comme un livre, mais elle ne ferme pas aussi bien »

Les paroles, c’est comme crever un oreiller de plumes devant un ventilateur : tu en as pour des plombes à ramasser et tu ne récupères jamais tout.

Et une fois qu’elles sont lâchées, elles font leur effet, des effets que tu ne peux ni contrôler, ni arrêter, ni annuler. Rappelle toi, la dernière fois que quelqu’un a démenti une rumeur, ça n’a pas marché complètement, n’est-ce pas ? Il y a toujours quelqu’un qui pensera “Oui, mais… et si, quand même ?”

En ce moment, je vis les retombées de cette semence incontrôlable en temps réel : la quantité de fausses informations à propos du coronavirus est impressionnante. 

Et pendant qu’on véhicule ces faux remèdes et conseils plus ou moins dangereux, eh bien, on gaspille du temps, de l’énergie et toute notre imagination pour entretenir des relations autrement qu’en contact direct ; sans compter qu’on met peut-être quelqu’un en danger, lui procurant de fausses sécurités.

Voyons ensemble la parabole suivante :

Un jour, quelqu’un vint voir Socrate et lui dit :

  • Écoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.
  • Arrête ! Interrompit l’homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
  • Trois tamis ? dit l’autre, rempli d’étonnement.
  • Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est de celui de la Vérité. As-tu contrôlé si ce que tu as à me dire est vrai ?
  • Non; je l’ai entendu raconter, et …
  • Bien, bien. Mais assurément, tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis. C’est celui de la Bonté. Ce que tu veux me dire, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?
  • Hésitant, l’autre répondit : non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire …
  • Hum, dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as à me dire …
  • Utile ? Pas précisément.
  • Eh bien, dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier …

Le principe des trois tamis s’applique à merveille à toutes situations : commérages, rumeurs, informations, papotages sur les réseaux sociaux ou autour d’un café, prédications, méditations, la liste est longue et non exhaustive.

Quand j’étais petite, apparut le Sida, et les campagnes de prévention ont lancé ce slogan : “Le sida ne passera pas par moi !” Aujourd’hui, je pourrais dire “Le corona ne passera pas par moi !”

Et toi, quelle parole renonces-tu à relayer ?

“Le faux, le malveillant, l’inutile ne passera pas par moi !” pourrait devenir une des bonnes habitudes à acquérir de cette crise sanitaire.

Psaume 141.3 Eternel, garde ma bouche, veille sur la porte de mes lèvres !

Bonne semaine à toi,

De la part de Nel Berner
nel@potenti-elles.ch

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