frites

#La grâce du ketchup

Chère amie,

Je vais devoir faire le tour de ma ville natale sur les genoux, à reculons, avec une bintje ( la patate, pas la bière…) dans la bouche, en guise de pénitence.

C’est que je suis belge, que mon Junior m’a obligée à faire des frites – surgelées – au four, et que j’ai cédé.

Crime de lèse-majesté, compromis honteux, scandaleux attentat à l’identité nationale culinaire, aberration alimentaire, et toutes ces sortes de choses.

Que voulez-vous, je suis une mère dont l’inflexible autorité, la discipline diététique et la crédibilité ne tiennent que grâce à quelque faiblesse, voilà.

Ou bien p’têt bien que chuis trop fatiguée pour peler des patates, allez savoir…

Passé le cap de la culpabilité première, la dernière frite engloutie, j’ai pensé à Dieu, qui lui, me fait régulièrement grâce de mes infidélités, qu’elles soient petites entorses ou graves désobéissances. Dieu, qui avait donné les lois au peuple hébreu, a fini par être écoeuré de l’observance stricte mais vide de ces lois données et de celles que ce peuple avait rajoutées, et c’est Jésus qui viendra révéler dans quel Saint Esprit il faut vivre et aimer Dieu.

 

Faut-il vraiment choisir entre le respect de la tradition ou la vie dans l’Esprit ? L’un exclut-il l’autre ? Je pense au jeune homme riche qui a-obéi-à-tout-bien-comme-il faut, mais malgré qui n’a pas pu suivre Jésus, et qui en a été triste… à une femme adultère à qui Jésus a dit qu’il ne la condamnait pas… à Abraham, qui a eu la faveur de Dieu alors qu’il vivait avant que la loi soit donnée… et je me dis, la loi n’est pas mauvaise, mais elle ne suffit pas. Ce que Dieu veut, ce que Dieu aime, c’est mon coeur, c’est ma foi.

Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu.

Relire le chapître 11 de la lettre aux Hébreux, et pleurer de soulagement et de joie.

Alors, quand mes enfants mangent des saletés, je ne leur fais pas systématiquement la leçon.

  • D’abord, je vous rappelle que je suis en sevrage de râlerie. ( 5 mois !)
  • Et puis, ils le savent très bien que je les désapprouve, que ce n’est pas bon pour leur santé, mais ils savent aussi que même s’ils désobéissent à mes interdits alimentaires, je les aime encore.
  • Même que des fois, ils mangent du ketchup M – B****t avec leurs frites, et même si le ketchup c’est encore pire que les frites au four, je ne les gronde pas, par grâce.

La grâce du ketchup, encore mieux que celle des frites au four.

Je fais grâce, parce qu’après tout, je suis la fille de mon Père.
Il est de plus graves choses que les incartades gastronomiques, je vous le concède, et il m’est plus difficile de faire grâce sur les offenses personnelles par exemple, mais je vous garantis que je m’entraîne.

Je m’entraîne aussi à me faire grâce à moi même, et ce n’est ni du laxisme, ni un permis de pécher, mais enfin, pourquoi m’enfermer dans une condamnation que le Seigneur Dieu en personne a levée, je te le demande un peu ??? La grâce m’autorise à me dire « Essaie encore ! Tu feras mieux la prochaine fois. Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu ».

Car c’est en croyant du coeur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut. Romains 10:9

Donc pour toi cette semaine, deux lettres d’amour à relire : celle aux Hébreux, et celle aux Romains. Comme je te le dis plus haut : à pleurer. De joie.

Mamaaaaaaaaan ! Y’a plus d’ketcheuuuuup !

De la part de Nel Berner
nberner@campuspourchrist.ch

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