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#Recette des caramels

Chère amie,

«Que votre douceur soit connue de tous.» Philippiens 4.5

Tout d’abord, il faut en avoir l’intention.

L’autre jour, en pensant à mon petit frère, deux heures avant que je ne le rencontre, je me suis dit que j’avais juste le temps de lui faire un petit plaisir, juste comme ça, pour rien, juste pour lui rappeler mon affection. Comme il est très amateur de caramel, je sors ma plaque du four que je chemise de papier sulfurisé, et ma spatule en bois (celle qui a un trou et qui ne laisse pas brûler le caramel, tu vois ?).

Je sors le sucre, car en matière d’amour fraternel, la douceur est indispensable. 500 grammes pour une “cuite”, dit ma belle-mère. Pas trop à la fois, il vaut mieux plusieurs petites cuites réussies qu’une grosse ratée.

Et puis 100 grammes de beurre, parce que tout est meilleur avec le beurre.

 

J’allume le feu, car l’amour a besoin de chaleur. De chaleur continue, intense mais pas violente, et il est nécessaire de l’alimenter régulièrement, sinon l’amour s’étiole, et le sucre ne caramélisera pas.

Vite, il faut verser une boîte de 397 gr de lait condensé sucré dans ma casserole héritée de Grand Maman. Remuer sérieusement, sans arrêt, car l’amour attache, parfois il brûle et le caramel brûlé laisse  toujours un arrière goût amer.

Trop, c’est quand on a dépassé la limite, et brûlant, ça fait mal.

 

Il faut remuer. Ou se laisser remuer.

Prendre soin, délicatement, ou bien se laisser bousculer.

Demander pardon, ou bien l’accorder.

Passer et repasser avec la spatule soigneusement dans les bords de ma casserole pour ne rien laisser attacher, mettre les choses au point, se permettre de dire que c’est trop, que là, c’est assez… ne pas laisser ce goût de « brûlon » s’installer.

Parce que le caramel brûlé ne se rattrape pas. Les brûlures, c’est très douloureux.

L’amour se rattrape souvent, mais parfois, non. Alors, ne rien laisser carboniser.

 

L’appareil prend couleur, le sucre dore, devient ambré. Mes amis sont de toutes les couleurs, plus ou moins foncés, de tous les caractères, plus ou moins trempés, de tous les tempéraments, et j’aime leur différence. Mon Dieu, que Tu es créatif !!!

La masse épaissit et elle devient plus dure à mélanger. J’ai mal au bras mais ce n’est pas le moment de faiblir ni de m’arrêter.

Oui, il arrive que cela me fatigue d’aimer, ça me demande un effort, et parfois, c’est dur.

Quand je centre tout sur mes propres besoins, quand ma motivation tourne autour de moi, comme cette stupide spatule dans cette promesse d’un délicieux futur caramel, l’autre me paraît pénible, lourd, rigide.

Tandis que si je le regarde, cet autre, à travers les yeux de Dieu, je vois pourtant le trésor, et je sens le parfum de bonne odeur. Et je peux me réjouir de savourer, de partager ces choses délicieuses avec celui ou celle que j’aime. Faut bien regarder avec les yeux du cœur.

 Il faut « touiller » de 15 à 20 minutes. C’est long.

Être patiente.

Persévérer.

Accorder à l’autre le temps dont il a besoin.

Le chérir longtemps, assez longtemps pour qu’il comprenne que ce que je veux vivre avec lui, c’est pur sucre.

Attendre qu’il prenne, qu’il comprenne et qu’il réponde.

Qu’il apprenne à profiter de moi.

Ça prend du temps et c’est indispensable.

Si le téléphone m’appelle, je ne réponds pas. Quand je fais du caramel, c’est sacré, je ne fais rien d’autre, priorité ab-so-lu-e !!!  Du reste, si je me permets une seconde d’inattention, si je saute une étape, si j’enlève du feu trop tôt, c’est foutu, pardonnez-moi l’expression, et tous mes efforts sont perdus, le beurre, le sucre et le lait sont gaspillés. Le caramel est exigeant, exclusif, mais il en vaut largement la peine. C’est pleinement justifié, enfin, d’après moi.

Parfois, le caramel ne prend pas. Rien à faire, il colle, il granule, il suinte et allez savoir pourquoi, il ne prend pas. C’est toujours un chagrin. Il faut jeter, et recommencer avec des matières premières neuves, fraîches. Il faut demander « On efface tout et on recommence ? ». C’est difficile.

Mais, mais, MAIS…

Quand le caramel est à point, je le verse rapidement sur la plaque préparée, je le lisse (ce n’est pas obligatoire) et je le laisse refroidir un peu. Ne pas harceler, laisser les choses reposer et observer.

Quand il est brillant, mais encore tiède, je peux le découper en carrés plus ou moins gros.

Si je t’offre des caramels un de ces jours, c’est peut-être que je t’admire, ou que tu es cher à mon cœur, ou encore que je te suis reconnaissante du service que tu m’as rendu…ou que tu m’as demandé de t’en préparer, ou les quatre à la fois.

Préparer des caramels, c’est travailler ma capacité à  aimer. Parce que l’amour, ça ne vient pas tout seul, ça demande de la volonté, de la méthode, du temps et de l’apprentissage.

Allez, hop ! En cuisine ! Pour qui seront tes prochains caramels ?

Bien à toi,

De la part de Nel Berner
nel@potenti-elles.ch

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