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J’attends le bus

Chère amie,

Je vous ai déjà parlé de mon mois sans râler ? Ah oui ? Bon, tant pis parce que j’ai encore un truc à vous dire à propos de ça.

(En fait ça fait 6 mois maintenant, donc j’ai l’occasion d’apprendre vraiment beaucoup de choses au long de mon chemin de renoncement au rouspétage stérile et toxique  … )

Donc, je vous ai probablement déjà raconté que c’est dans une gare CFF, devant l’automate à billets que je connais mes plus grosses rechutes ? L’attente sur le quai ou à l’arrêt de bus, c’est pas mal non plus pour faire remonter mes habitudes de râler – comme comme la graisse qui remonte à la surface de la sauce après un trop long mijotage. 

Comme si ça faisait venir le train plus vite…

J’emprunte beaucoup les transports publics : il faut attendre une première fois, puis il faut attendre les correspondances qui ne correspondent justement pas, les trains retardés, annulés, et le trajet prend plus de temps qu’en voiture. J’ai l’impression de perdre mon temps.

 

Donc quand j’attends le bus, ça m’agace. Quand quelque chose m’agace, d’habitude, je râle. Jusqu’à ce que…

Je me dis tout d’abord que quelques minutes à rien faire ne peuvent pas me faire de mal. Donc je laisse mes pensées vagabonder. Et là, quelque chose ne fonctionne pas bien. Je revisite des situations difficiles, je me distrais de ce qui me tombe sous les yeux ( Je ne vous explique pas la quantité de pollution visuelle qui traîne dans les gares, n’est-ce pas ?), je regarde les gens passer et je les juge… Bref, mon naturel livré à lui même est incapable de faire quelque chose de bon.

Romains 7.18 “Par expérience, je sais qu’en moi, c’est-à-dire dans mon être naturel, n’habite rien de bon. Ce n’est pas la bonne volonté qui me manque, mais plutôt la force de réaliser mes bonnes intentions.”  1/

Puis j’essaie de rentabiliser tous ces temps d’attente : je dresse ma liste de commissions,  je planifie ma semaine, je nettoie mon téléphone de ses données superflues… mais ça me stresse quand même de trouver à toutes ces minutes des occupations utiles. 

 

Soudain, alors que je cherche à ne pas perdre mon temps, je prends conscience que je me dis souvent  : “Je n’ai pas assez de temps pour prier autant que je le veux”. Et tout de suite après : “ C’est un mensonge. La vérité, c’est que je ne prends pas autant de temps pour prier autant que je le veux”

Durant tous ces petits temps que je cherche à rentabiliser avec du nécessaire, pendant que j’attends le bus,

il y a des enfants affamés que je ne peux pas nourrir 

il y a des gens qui sont pris dans des conflits que je ne peux pas arrêter

il y a des abus que je ne peux pas empêcher 

et des blessures que je ne peux pas guérir

mais Dieu, lui, il le peut.

Pendant que j’attends le bus, que je regarde passer le temps ou que je le remplisse, Dieu, lui, n’attend pas que le bus passe. Il ne dort pas, il ne se distrait pas, il ne comble pas un faux vide, il continue à travailler pendant que l’heure tourne et que le monde souffre.

Dieu est à l’œuvre et il me propose tout le temps de m’impliquer avec lui dans la vie des autres, de la communauté, de ces inconnus que je ne peux que croiser.  J’ai l’opportunité – le privilège – de travailler avec Dieu, pour le monde.

Intercéder et prier au lieu de juste attendre ce véhicule qui va m’emmener d’un point A à un point B. 

De toute éternité il a choisi de travailler avec nous.

Dieu, souverain, maître du temps et de l’histoire, pourrait se passer de notre concours et de notre contribution,  mais son choix c’est de travailler avec nous. Avec moi.

Si j’additionne tous ces temps de trajet et d’attente de mes journées, cela peut représenter une à deux heures de prières par jour. Je ne peux plus dire honnêtement que je n’ai pas le temps de prier.

L’attente active, c’est bon. Quand je prie et que le bus arrive, je me dis “Oh déjà ? J’ai pas fini … de prier” . Et c’en est fini d’attendre le bus sans rien faire, parce que ça ne mène vraiment nulle part. Tandis que prier, c’est un voyage sans fin, sans ennui et sans exigence de rentabilité dans le coeur de Dieu.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas voulu dire. Il est bon d’avoir des moments où on ne fait rien, ou on prend du répit, foin de culpabilité inutile !

Mais pour avancer sans perdre son temps, deux conseils judicieux de la Bible :

Romains 12. 1 Je vous demande donc, frères, à cause de la bonté que Dieu vous a témoignée, de lui consacrer votre être tout entier : que votre corps, vos forces et toutes vos facultés soient mis à sa disposition comme une offrande vivante, sainte et qui plaise à Dieu. C’est là le culte spirituel qui a un sens, un culte logique, conforme à ce que la raison vous demande. 2/

Philippiens 4.8 Enfin, mes frères, que tout ce qu’il y a de vrai, de noble, d’honorable, ce qui a une réelle valeur et qui est juste, pur et digne d’être aimé occupe vos pensées. Tendez vers tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite la louange. 3/

 

Dieu voyage avec les transports en commun. Et toi, comment profites-tu de tes déplacements ?

1/2/3/  Alfred Kuen, Parole vivante, Transcription dynamique du Nouveau Testament, Marpent, BLF Europe, 2007, 275 p.

Belles vacances d’été!  reprise des envois mails hebdo lundi 9 septembre 19

De la part de Nel Berner
nberner@campuspourchrist.ch

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