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#La fontaine qui chante

Chère amie,

Dans la cour de ma maison, chante une vieille fontaine en pierre, joliment fleurie et enlacée de lierre. Elle rassemble autour d’elle les escargots et tous les petits animaux, le jardinier qui vient se laver les mains et le marcheur fatigué, le bavardage des jeunes filles et les éclats de rire des enfants. Et les jours de fête, les boissons pétillantes qu’elle garde au frais font danser les invités.

L’eau arrive de plus haut, dans la forêt. Filtrée par les arbres, canalisée par les hommes, elle vient rafraîchir nos chaudes journées d’été et étancher notre soif. Elle est bonne, elle est claire, elle est pure.

Quand elle a fini de remplir le vieux bassin, elle déborde jusque dans l’étang, pour faire vivre les poissons et les nénuphars, les libellules et les têtards. Puis, elle continue son chemin jusque dans la rivière, le lac, la mer … elle traverse ainsi monts et vallées, réjouissant le cœur de chacun sur son passage.

Très tôt le matin, quand le soleil n’est pas encore levé et que tout est silencieux dans la maison, je remplis mes arrosoirs, et je donne un peu de cette eau à mes légumes et mes fleurs. C’est un moment de fraîcheur avant les grosses chaleurs qui s’annoncent, un moment de calme avant une journée animée qui se prépare, un moment de prière où mes louanges se mêlent au chant des oiseaux.

 

Mais un après-midi, brusquement, la fontaine s’arrête de couler. Un silence pesant tombe sur le jardin. Un vent de désolation souffle sur mon cœur. Pendant les jours qui suivent, une chaleur étouffante émane des cailloux dans la cour, l’eau stagne dans la mare, les fleurs courbent la tête, toutes les herbes et les feuilles des arbres restent figées, comme pétrifiées.

Je pense d’abord : sécheresse, manque d’eau, source tarie. Mais un peu plus loin, la fontaine voisine, alimentée par la même source, continue de couler. Les pensées s’agitent au-dedans de moi, se bousculent, s’entrechoquent. Je cherche à comprendre.

En creusant un peu, je découvre que, à part quelques racines qui obstruent les canalisations, le système d’acheminement pose problème. La distribution entre les deux fontaines n’est pas bien équilibrée. Le défaut passe inaperçu tant que la quantité d’eau est suffisante, mais par manque de pluie, il fait surface comme les pierres dans le lit d’une rivière asséchée.

Une vague d’amertume me submerge. Je me sens comme si un vilain rongeur avait discrètement grignoté une ouverture dans l’un des tuyaux pour permettre à l’eau de s’écouler gaiement, tandis que ma fontaine reste désespérément vide et silencieuse. Au premier abord, ces petites bêtes ont l’air mignonnes, mais quand elles se mettent à l’œuvre, elles font des ravages.

J’aurai envie de cracher ma colère, faire éclater ma rage, laisser jaillir mon indignation. Mais je m’efforce de contenir le flot impétueux de mes sentiments qui se déchaînent. Je reste silencieuse, comme la fontaine, et je laisse couler doucement ma peine.

Depuis qu’elle s’est tue, je n’ai plus le cœur à chanter. Mais je sais aussi que ma colère n’accomplirait pas la justice de Dieu. (Jacques 1 v.20) Je choisis donc de rester calme, avec la confiance que les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées … elles se renouvellent chaque matin. L’Éternel est mon partage … je veux espérer en lui. (La. 3 v.22-24)

Quand mon cœur se languit comme une terre aride, quand mon âme a soif de Dieu et mon corps soupire après lui, je monte sur la colline derrière ma maison, dans la petite clairière de la forêt où naît la source. (Psaume 63 v.2) Un endroit calme, à l’abri des regards, où je me retire pour prier. Un endroit appelé : « En Jérusalem » 

Tout autour de moi, les grands arbres se balancent majestueusement et m’enveloppent dans le léger bruissement du vent. Dans sa tendre et glorieuse présence, Dieu vient, par ses douces consolations, m’inonder de paix comme un fleuve. (Esaïe 66 v. 12-13) En ce jour de sécheresse, je réalise tout à nouveau la précieuse valeur de l’eau, quand elle ruisselle comme une bénédiction, et mon cœur se remplit de joie.

Je comprends aussi le désir du Père que cette eau soit partagée, généreusement dispensée, largement répandue sur chacun. Et je reçois cette belle promesse que je prends pour moi : «En ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem, et couleront moitié vers la mer orientale, moitié vers la mer occidentale ; Il en sera ainsi été et hiver.» (Zacharie 14 v.8)

Dieu a vu le trouble de mon âme, il a entendu mes cris et mes larmes. M’approcher de lui, c’est mon bien. (Psaume 73 v.28) Je veux me confier en lui et pratiquer le bien … faire de l’Éternel mes délices … garder le silence devant lui et espérer en lui … L’Éternel aime la justice, il n’abandonne pas ses fidèles ; ils sont toujours sous sa garde. (Psaume 37)

J’aime quand il vient me rejoindre dans la réalité de mon quotidien, pour m’élever à la compréhension de ses desseins éternels et me faire vivre dans la plénitude de son amour.

Il me fait entendre sa voix, comme le doux murmure d’un filet d’eau qui coule. Il sonde mon cœur et le purifie. Il m’assure de sa protection contre les rongeurs et autres nuisibles qui viendraient piétiner mes plates-bandes, et il me garde dans son amour, pour que je ne chancelle pas devant le méchant, comme une fontaine troublée, une source corrompue. (Proverbes 25 v.26) Il enlève toute racine d’amertume et m’abreuve au torrent de ses délices, pour que son amour coule en moi comme un fleuve d’eau vive. Car auprès de lui est la source de la vie. (Psaume 36) (Jean 7 v.38-39) (Romains 5 v.5)

L’Éternel a tout fait pour un but. Et comme il a fait le méchant pour le jour du malheur, il a aussi fait les petits rongeurs malins. (Proverbes 16 v.4) Alors que je croise la route de l’une de ces créatures hostiles, mon Père, dans les cieux, qui fait lever le soleil sur les méchants et sur les bons, pleuvoir sur les justes et les injustes, m’apprend à aimer même mes ennemis. (Matthieu 5 v.44-45)

L’âme en paix, je retourne dans mon jardin. Il faudra s’occuper des nuisibles et mettre en ordre le système d’acheminement pour s’assurer que l’eau soit distribuée à chacun, été comme hiver. Mais pour commencer, je retire les racines. Et l’eau se remet à couler, tout doucement. La fontaine se remet à chanter, les poissons se remettent à respirer, les grenouilles à croasser, les herbes à danser, les libellules à voler … tout reprend vie.

De la part de Sylvie Scheidegger

steve.arzier@bluewin.ch

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